eaudici

eaudici, anciennement SIDEMO, désigne l’Entente intercommunale pour l’exploitation de la source du Montant par convention du 27 août 2002. Cette Entente est aujourd’hui constituée de trois Communes : Genolier, Arzier-Le Muids et Gland, qui en est également la commune administrative.

En 2022, à l’occasion des 20 ans de l’Entente, une nouvelle identité a été attribuée au SIDEMO, acronyme de "Service de distribution d’eau du Montant" qui parlait peu au grand public. Le nom eaudici est porteur d’un nouvel élan et symbolise l’exploitation des eaux de notre région. Cette exploitation intégrera prochainement la nappe de la Cézille (voir plus bas). Une nouvelle convention a par ailleurs été rédigée et approuvée par le Conseil d’État vaudois le 3 mai 2017 afin de réunir conjointement les modalités d’exploitation des eaux de la source du Montant et de la nappe de la Cézille.

De plus, eaudici permet également d’entrevoir les possibilités d’interconnecter les différents réseaux de distribution pour répondre aux besoins de la population régionale en lien avec l’évolution climatique.

La gestion administrative de la station est assurée par la Ville de Gland tel que convenu par l’Entente, tandis que l’organe décisionnel est composé des Municipalités de ses Communes membres. Celles-ci prennent les décisions finales qui donnent suite aux rapports transmis par le COPIL en ce qui concerne la gestion administrative et technique.

L’exploitation de la station du Montant est assurée grâce au travail de cinq surveillants dont un Chef d’exploitation. Le manuel d’auto-contrôle définit les normes et le cadre légal qui doivent être garantis. Celui-ci est appliqué par les surveillants qui effectuent les contrôles, l’entretien, les travaux et la gestion de l’approvisionnement 24h/24.

Au total, ce sont plus de 1'300 heures annuelles qui sont nécessaires au bon fonctionnement de la station. La photo ci-dessous présente l’équipe de surveillants y veillant quotidiennement.

La source et la station de traitement du Montant

Caractéristiques et histoire de la source du Montant

La source du Montant est reconnue comme propriété de la Commune de Genolier en 1760 et se situe sur la limite territoriale d’Arzier-le Muids et de Genolier à une altitude de 583 mètres.

Il s’agit d’une source à grands débits, avoisinant les 75'000 l/min en conditions normales, que l’on appelle communément source vauclusienne. Ce type de source est caractérisé par la résurgence d’une rivière souterraine propre aux régions karstiques, dont les sols riches en calcaire et pourvus de larges cavernes et de vides permettent un écoulement rapide de l’eau. Celle-ci ne réside donc que très peu de temps dans les sous-sols (quelques jours voire quelques semaines au maximum).

De part ces transites souterrains rapides, la turbidité (minéraux et matières organiques dans l’eau) de la source varie énormément en fonction de la pluviométrie et de la fonte des neiges.

La source du Montant est exploitée depuis plusieurs décennies par les communes avoisinantes. Le 10 octobre 1958, le Conseil d’État vaudois accorde à la Commune de Genolier une concession pour l’exploitation de ces eaux pour une durée de 50 ans. La source est alors captée au moyen d’un puit vertical à drains rayonnants alimenté gravitairement, d’un diamètre de 3 mètres et d’une profondeur de 5,40 mètres.  

Le 10 mai 1966, la concession est transférée à une association de Communes composée des Communes de Genolier, Arzier-Le Muids et Gland pour un débit concédé de 5'000 l/min. Ce dernier a ensuite été augmenté à 7'000 l/min conformément à l’avenant du 8 juillet 1987 et réparti entre les Communes partenaires de la manière suivante : 

  • Arzier-Le Muids : 2'000 l/min ;
  • Genolier : 1'500 l/min ;
  • Gland : 3'500 l/min.

À ce jour, la source continue d’être exploitée et fournit une part très importante des ressources en eaux aux Communes partenaires. Une convention d’Entente intercommunale (anciennement SIDEMO) est créée en 2002 afin de fixer les modalités d’exploitation de la source du Montant, notamment à la suite de la mise en service de la nouvelle station de traitement en juillet 2002.

Création de la station de traitement

En 1965, le Laboratoire cantonal oblige la mise en place de la toute première installation de traitement sur le site, qui consistait alors en un dispositif de chloration permettant de garantir la potabilité de l’eau distribuée. Un plan directeur de la distribution d’eau (PDDE) proposait toutefois la construction d’une station de traitement adaptée au traitement de l’eau de la source du Montant.

Dans les années 90, différentes procédures d’autorisation ont finalement permis d’aboutir à l’obtention d’un crédit de construction de 4'614'200 CHF en juin 2000. Les travaux ont débuté en 2001 et ont été conclus par la mise en service de la station de traitement en 2002, à quelques dizaines de mètres du puit de captage.

Composition de la station

Dans son ensemble, la station est composée de :

  • 2 cuves d’eau brute de 70 m3 chacune servant de bassins tampon avant la filtration ;
  • 3 lignes de traitement sous pression dimensionnées pour traiter un total de 6'000 l/min;
  • 3 pompes de refoulement d’un débit de 450 l/min pour la Commune de Genolier ;
  • 3 pompes de refoulement d’un débit de 950 l/min pour la Commune de Arzier-Le-Muids ;
  • 1 réservoir d’eau traitée de 1’500 m3 composé de deux cuves.

Les trois lignes de traitement sont identiques et fonctionnent en parallèle afin de traiter chacune un débit maximum de 2'000 l/min, soit 6'000 l/min (100l/s) au total.

Étapes de traitement de l'eau

1. Coagulation/floculation
Dans un premier temps, la coagulation par un ajout de sels métalliques (généralement de fer ou d'aluminium) permet de supprimer les répulsions électriques entre les particules colloïdales composant l’eau et qui peuvent désormais se rencontrer.
Dans un second temps, l’ajout d’un floculant permet aux particules colloïdales de taille microscopique de s’agglomérer les unes aux autres. L’agglomérat ou floc ainsi formé dispose désormais d’une taille et d’une masse suffisamment grande pour être interceptée dans l’étape de traitement suivante.

2. Filtration rapide
Cette étape consiste en une filtration rapide de l’eau à travers deux couches successives de substrats constitués de minéraux (anthracite puis quartz). Ce procédé permet d’éliminer la matière en suspension présente dans l’eau et plus particulièrement les flocs précédemment créés

3. Ozonation
Il s’agit d’une désinfection primaire permettant, par injection d’ozone, d’inactiver la majorité des agents pathogènes présents naturellement dans l’eau. Le pouvoir oxydant de l’ozone permet également d’éliminer les matières organiques dissoutes dans l’eau ainsi que les micropolluants. Lors de cette étape d’oxydation, des sous-produits biodégradables se forment mais seront éliminés lors de l’étape suivante.

4. Filtration sur charbon actif en grains
L’une des caractéristiques essentielles du charbon actif est sa porosité (60 à 70% de vide) qui lui permet de retenir dans ses pores les substances qu’il intercepte. La surface développée par le charbon actif est immense : grâce à sa porosité, un seul gramme de charbon actif a une surface spécifique comprise entre 400 et 2’500 m2, soit l’équivalent de deux piscines olympiques. Cette nouvelle étape de filtration permet donc de retenir les dernières matières en suspension, de dégrader biologiquement les sous-produits d’oxydation et également de détruire l’ozone résiduel dissout.

5. Chloration
Cette étape de désinfection secondaire constitue l’ultime étape du traitement. Une solution de chlore est injectée dans l’eau afin de maintenir une concentration résiduelle de désinfectant dans le réseau de distribution. En effet, le chlore est un puissant désinfectant permettant d’éliminer la présence de microorganismes, tels les bactéries et virus, qui pourraient se développer dans le réseau.

Projet d'exploitation de la nappe de la Cézille

À la recherche d'une nouvelle source en eau

D'un débit important mais de qualité variable, l’eau de la source nécessite un traitement complet. Afin de palier à ces désagréments, de couvrir les besoins de pointe estivale et de faire face au déficit hydrique qui se répète ces dernières années, les Communes recherchent depuis une trentaine d’années le moyen de garantir la sécurité d’exploitation par le captage d’une nouvelle ressource en eau souterraine.

Ainsi, dans les années 80, une prospection a mis en évidence la présence de deux ressources profondes inexploitées :

  • la nappe inférieure du Bois-de-Chênes ;
  • la nappe de la Cézille.

Des essais de pompage dans des puits provisoires ont été réalisés sous la surveillance de notre hydrogéologue-conseil. Ceux-ci ont démontré qu’ils étaient sans impact sur l’hydrologie du Bois-de-Chênes et ses biotopes, qui sont liés à une autre nappe : la nappe supérieure du Bois-de-Chênes supérieure.

Cet aquifère perché est séparé de la nappe profonde par une épaisse couche de moraine argileuse qui isole complètement les deux corps de gravier saturés en eau. La nappe inférieure du Bois-de-Chênes est également indépendante de la nappe inférieure de la Cézille, bien qu’occupant la même ancienne vallée qui bordait le glacier du Rhône il y a 20’000 ans, et ce grâce à un barrage morainique naturel.

Concept du projet

Le projet d'exploitation de la nappe de la Cézille est spécifié dans le plan directeur de la distribution d’eau (PDDE) comme ressource à prioriser.  La nappe présente une eau de bonne qualité ne nécessitant pas de traitement et permettrait de jouer à long terme le rôle de ressource en eau. Le projet permettra ainsi de garantir la sécurité d'exploitation des réseaux de distribution d'eau potable et de défense incendie des Communes d'Arzier-Le Muids, Genolier et Gland. Il vise donc le renouvellement de la concession échue depuis plusieurs années par la demande au Canton d’une nouvelle concession globale Montant-Cézille.

Celle-ci doit permettre de poursuivre l’exploitation et le traitement de la source du Montant et de capter l’eau de la nappe de la Cézille dont la réalimentation naturelle est lente, raison pour laquelle il est prévu d’y infiltrer les excédents du Montant pendant les périodes où la consommation est moyenne et que la pleine capacité de traitement n’est pas sollicitée.

Réalisations nécessaires

Ce concept nécessite la construction de nombreux ouvrages qui seront propriétés communes des membres de l’Entente intercommunale pour certains et propriétés privées de la Ville de Gland pour d’autres.

Entre la station de traitement des eaux du Montant et le site de la Cézille, les réalisations suivantes sont nécessaires de la part de l’Entente :

  1. Adaptation de la station de traitement du Montant ;
  2. Conduite d'adduction Montant-Cézille pour infiltrer les excédents du complexe du Montant dans la nappe de la Cézille d'une part, et fournir l'approvisionnement d'appoint de la Cézille aux Communes d'Arzier-Le Muids et de Genolier d'autre part ;
  3. Puits d'infiltration sur la terrasse supérieure de la Cézille ;
  4. Puits de captage sur la terrasse inférieure de la Cézille ;
  5. Station de pompage de la Cézille vers le Montant ;
  6. Chemin d'accès aux ouvrages de la Cézille.

En aval du site de la Cézille, la Ville de Gland devra compléter son réseau de transport des eaux en réalisant une conduite d'adduction Cézille-Gresolière pour alimenter le réseau de distribution via le réservoir de la Gresolière.

Avancement du projet

Le projet d'exploitation coordonnée de la source du Montant et de la nappe de la Cézille nécessite l'octroi par l'État d’une :

  • concession pour utiliser l'eau de nappes souterraines publiques ;
  • autorisation des travaux d'exécution des ouvrages valant permis de construire.

La consultation préalable des services cantonaux a été réalisée entre 2019 et 2021. Dès lors, la double enquête publique du projet, l’une auprès de la DGE-Eaux souterraines pour la concession et l’autre auprès des communes territoriales pour les ouvrages, a eu lieu du 25 mars au 25 avril 2022.

Une fois les oppositions levées et la concession octroyée, les travaux de prospection hydrogéologique par forage de reconnaissance, dont les crédits ont été accordés en février 2021 via le préavis n° 87, pourront débuter dans le courant de l’année 2023.

Sur la base de cette campagne de prospection, les propositions relatives aux ouvrages définitifs seront présentées aux membres de l'Entente intercommunale dans un second préavis de demande de crédit pour la réalisation de l'ensemble du projet de construction. Cette étape finale est projetée entre 2024 et 2025.